Les arts martiaux c’est aussi travailler seul(e)

Lorsqu’une personne s’inscrit dans un club d’arts martiaux ou un dojo, elle pense de suite à un professeur, un maître, un guide ainsi qu’à des camarades de sueur, de travail studieux et de douleur. Elle pense à la camaraderie, à la joie de retrouver des pratiquants d’autres clubs au travers des stages, avec lesquels se sont tissés des liens forts!

Il est facile d’oublier que les arts martiaux c’est aussi (et surtout diraient certains) travailler seul(e)…

Il suffit de lire Maître Maroteaux qui nous dit que pendant des heures et des heures, il a travaillé ses entrées au Judo avec pour seule compagnie une chaise! C’est quelqu’un d’exceptionnel, me direz-vous. Un vrai passionné qui a voué sa vie aux arts martiaux! Soit. Parlons alors des hauts gradés qui, une fois le Godan en poche, s’entendent dire que c’est fini, que le Maître n’a plus rien à leur apprendre. Maintenant, c’est eux leur propre professeur! Ah? Eux, ce sont des hauts gradés? Cela fait plus de vingt ans qu’il suivent le Maître? Ils sont prêts pour ça? Peut-être… Je ne sais. Que dire alors de ces gens qui, par obligations professionnelles, déménagent loin d’un club? Ou plus près de nous : nos instructeurs. Ces gens en Keiko-Gi bleu qui prennent de leur temps pour nous transmettre leur savoir, qui les instruit? Qui les entraînent? Il y a bien sûr le stage annuel des instructeurs, mais la majorité de leur travail se fait seul!

Dans la vie d’un pratiquant, travailler seul est un passage obligé et en même temps, une épreuve. Cette épreuve nous met face à notre passion, à notre rigueur. Bref, elle nous met face à nous-mêmes. Elle est le reflet du pratiquant que l’on est ou celui que l’on devient.

Mais c’est aussi un moment de création ou de recréation! Nous avons la chance d’avoir des supports et des stages! Mais l’observation, la synthèse et le travail restent nos meilleurs alliés pour transformer l’image en mouvements efficaces. Nous sommes, de plus, obligés de nous poser beaucoup de questions, de tenter, de nous tromper, de réapprendre pour comprendre nos faiblesses, nos forces et finalement notre façon de faire et d’être.

Ainsi, même si le travail solitaire n’est pas envisagé au début de la pratique d’un art martial, c’est un passage obligé qu’il faut craindre autant qu’apprécier car c’est face à ce miroir de nous-mêmes que nous serons capables de nous comprendre et d’évoluer au maximum de nos capacités.

Arnaud Cei Saurel

Crédits Photos : Patrick Kopp

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